Périple d'un an en famille en camping-car en amérique du sud.
|
Le 2 novembre, nous sommes revenus au Chili. Nous avons retrouvé l’asphalte avec plaisir quelques kilomètres après avoir passé la frontière. Il était temps, nous avions vraiment besoin d’une pause dans les mauvaises routes, même les enfants s’en plaignaient. Cependant, une nouvelle roue a explosé dès que nous avons pu rouler à 90km/h, la gomme avait été trop endommagée par les pistes. Le bout de pneu qui s’est détaché pendant l’explosion a fait un gros trou dans la partie inférieure du plancher (partie la plus proche du sol) créant un gros nuage de poussière à l’intérieur étant donné que ça a arraché les toilettes de la cloison. Les fils électriques qui alimentaient les clignotants latéraux arrières ont également été arrachés. Ceci se rajoute au pied de la table cassé, à l’évacuation des eaux usées à réparer et plein de petites autres choses qui n’ont pas résisté aux secousses et vibrations dues aux différentes pistes que nous avons empruntées.
Nous avons passé 2 jours à Pucon. Nous y avons visité un petit musée Mapuche ce qui nous a permis d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de ce peuple que nous avions eu le plaisir de rencontrer quelques jours plus tôt.
Il faisait beau et nous avions une vue magnifique sur le volcan Villarica.
Nous avons ensuite pris la route de Chiloe, en direction du Sud et nous avons fait une halte à Panguipulli où nous avions programmé de croiser Eliane et José un couple de belges qui ont voyagé avec nous sur le Grande Buenos Aires. Nous avons été très contents de les revoir, il faut dire que cette expérience de 25 jours en cargo vécue ensemble, crée des liens. Panguipulli dispose aussi d’une vue superbe sur un lac avec des montagnes.
Nous avons ensuite roulé jusqu’à Pargua pour y prendre un transbordeur qui nous a fait traverser le canal de Chacao pour atteindre l’île de Chiloe. Fidèle à sa réputation, celle-ci nous a offert 3 jours de pluie et de brume. C’est d’ailleurs peut-être à cause du mauvais temps que nous n’avons pas réussi à apprécier cette île dont la beauté est pourtant louée par beaucoup de voyageurs et de guides touristiques. L’île est jolie : un paysage qui fait un peu penser à la Bretagne, des maisons aux bardages colorés, des palafitos (maisons en bois sur pilotis), des vaches et de belles églises typiques etc…. Cependant, nous ne pensons pas qu’elle vaut le détour que nous avons dû faire pour la visiter. Par ailleurs, à cause de la pluie incessante, de l’eau s’infiltrait par le trou dans le plancher jusque dans la salle de bain, Nico a dû trouver un système provisoire en attendant une vraie réparation.
En reprenant la route en direction du nord, nous avons bivouaqué à Puerto Varas avec le mauvais temps puis à Frutillar, avec le beau temps cette fois. 2 jolis villages en bord de lac avec vue sur différents volcans mais nous n’avons pas pu les voir car ils étaient cachés dans les nuages. Notre halte à Frutillar a été marquée par la rencontre d’une famille chilienne qui nous a invités à manger et à passer la nuit dans leur jardin. On remercie Freddy, Lenny et leurs enfants pour leur accueil.
L’étape suivante a été Valdivia. Une assez grande ville au bord du pacifique dans lequel se jettent 2 fleuves qui traversent la ville. Nous avons eu la chance d’y arriver pour le week-end du carnaval du printemps, avec un temps magnifique qui a duré tout le temps de notre court séjour de 3 jours! Nous avons assisté au défilé du carnaval et à des spectacles.
Nous y avons été rejoints par nos amis anglais (souvenez-vous, la famille avec le gros truck Dakar) ce qui nous a fait très plaisir à tous. Nous partageons chaque fois que nous les voyons, de très agréables moments et les enfants ont des amis pour jouer.
Nous avons fait 2 fois le marché au poisson et acheté du saumon pas cher (5€ le kg) et succulent. Les lions de mer et autres oiseaux marins (cormorans, pélicans etc..) s’y pressent en masse pour récupérer les restes de poissons.
Nous avons été à la plage. Les enfants se sont éclatés ! Le paysage était superbe : le sable noir, les collines couvertes de forêts, avec quelques petites maisons colorées, se jettent dans le pacifique. De la plage, on voyait les pélicans pêcher mais l’eau était bien froide.
Nous avons ensuite remis le cap au nord en direction de Santiago. Nous avons fait un crochet par Angol pour accéder au Parc National Nahuelbuta : un des derniers refuges des araucanias, pins endémiques qui sont devenus une espèce protégée. Leurs graines (sortes d’énormes pignons de pin) étaient la base de l’alimentation des mapuches, indiens qui peuplaient ces régions avant l’arrivée des conquistadores. Ces arbres sont tout simplement majestueux !
Le temps s’est décidément mis au beau et le printemps est bien installé. En attestent les petits insectes volants qui rentrent quand nous laissons le camping-car ouvert en soirée ainsi que les jolies petites bêtes rencontrées dans le parc national Nahuelbuta.
En repartant, nous nous sommes retrouvés sans bivouac alors qu’il faisait presque nuit. Dans le premier village que nous avons traversé, Cayucupil, nous nous sommes arrêtés pour demander où on pourrait stationner pour la nuit. La personne est aussitôt partie à vélo se renseigner et est revenue quelques minutes plus tard en nous indiquant qu’on pouvait la suivre. Elle nous a conduits jusqu’au terrain de foot du village, elle avait les clés et nous avons pu nous installer dans cet endroit calme, avec un grand terrain de jeu pour les enfants sans danger. Rapidement une dame est venue nous parler, il s’agissait de Yiya qui vivait juste à côté dans une jolie petite maison en bois entre celle de sa fille (et sa petite fille de 4 ans, Anais) et celle de sa mère. A partir de là, des liens se sont très vite tissés, très simplement, très sincèrement. Le lendemain, nous sommes finalement restés là. Nico s’est occupé d’essayer de trouver un système pour arranger le trou dans le plancher causé par l’explosion de la roue ainsi que le pied de la table avec l’aide de Santiago qui vivait au fond du terrain de foot. Margarita, la maman de Yiya, est venue nous chercher pour nous montrer comment elle faisait les sopaipillas et le pain et nous offrir une bonne tasse de lait frais du matin.
Margarita est très attachante. C’est une artiste, elle brode, fait du crochet et plein d’autres choses. La famille nous a fait des lessives et nous en a appris beaucoup sur la culture et les traditions chiliennes. Nous avons partagé un agréable repas. Le 15 novembre, quand nous avons quitté le village, les au revoirs ont été émouvants après tant d’affection, de gentillesse et de générosité. Un grand merci à ces 4 générations de femmes pour leur accueil !
En repartant, nous avons fait une pause au Salto del Laja, une sympathique chute d'eau de 50m de haut.
Le 16 novembre, nous avons atteint la capitale chilienne et avons été accueillis par Estelle et Christophe, un couple de jeunes français expatriés. On vous racontera tout ça....